Les enfants ayant vécu dans la rue peuvent difficilement intégrer un foyer
traditionnel ou retourner dans leur famille sans passer par une période de
réadaptation. Elle sera plus ou moins longue et difficile selon le vécu de chacun.
Toute structure ayant pour vocation d’aider ces enfants à sortir de la rue se doit
donc de respecter le parcours individuel de chacun, afin d’être capable de les
accueillir, progressivement, et par étapes.
Enfants en rupture, en situation de survie, sauvages, violents ou victimes, enfants
délaissés, livrés à eux mêmes, tous témoignent du même désir d’être reconnus,
écoutés, et aimés. C’est en restant au plus proche des enfants, et à leur écoute,
qu’APC a mis en place au fil des années les structures d’accueil intermédiaires
adaptées aux situations et besoins divers des enfants rencontrés. Ces structures
ad hoc, «humaines», où la relation entre l’enfant et l’adulte joue un rôle essentiel,
ont déjà prouvé leur efficacité, et continueront de s’améliorer, avec le temps, et le
soutien de tous ceux qui, en France et ailleurs, nous font confiance.
Avec l’ouverture du foyer Poonhill, en 2001, il s’agissait de répondre à une situation
d’urgence en offrant à un petit groupe d’enfants des rues en situation de danger extrême
un environnement familial sécurisé qu’ils avaient perdu.
Mais cette réponse est vite apparue insuffisante. Une action de prévention
s’imposait auprès du grand nombre d’enfants, souvent très jeunes, qui, livrés à eux-mêmes
par la grande pauvreté de leurs parents, pouvaient être tentés de couper les
derniers liens familiaux pour basculer dans la culture de la rue. De ce constat est né en 2003
Balkendra.
Certains enfants sont trop âgés pour être scolarisés et doivent être guidés
vers une activité professionnelle en mesure d’assurer leur autonomie.
Ceux qui auront été scolarisés ne seront pas tous capables de trouver dans
leur environnement les conditions d’une activité professionnelle satisfaisante.
Pour aller jusqu’au bout de notre engagement auprès de ces enfants,
il fallait donc les aider à construire un projet de vie incluant une formation
professionnelle et une aide à la création d’une activité indépendante
ou un placement. Nos réponses s’appellent ici Kalimati et Biya.